|     Accueil     |     Films à venir     |    Dossiers    |     Critiques     |     Archives (Films)    |     Liens     |    Contacts    |    Forum    | 

     Sur Cine-Max.net

                - Critiques -

                                                          La Colline a des Yeux  

"Putain, encore un remake à la con ? Ca commence à faire chier, Hollywood ! On va snober les remakes, ça commence à suffire !". Voici le message pratiquement mot sur mot de pas mal de cinéphiles qui, comme d'autres d'ailleurs, ont tendance à être agacé par la vague de remakes qui s'abat depuis quelques années aux Etats-Unis, mêlant ainsi commercial pur et dur avec relecture de l'original tout simplement parfait. Sauf que voilà, parfois, cette recette marche du tonnerre. Il suffit d'oublier La Malédiction, Amytiville ou les remakes de films nippons pour se remémorer Massacre à la tronçonneuse version Nispel ou L'Armée des morts de Zack Snyder. Dans cette optique, la passion et le respect de l'équipe traitant du remake ne peuvent qu'être applaudis en voyant le résultat final. Et il en va de même avec La Colline a des yeux version 2006, bien entendu inspiré du film éponyme de Wes Craven, aujourd'hui monument plus culte et kitsch que chef d'oeuvresque du cinéma d'horreur fauché. Mieux encore, la version améliorée du film de Craven se révèle être immédiatement une référence en matière d'horreur et de survival, et il suffit de se plonger dans l'atmosphère cinglante du film pour en apprécier chacun des détails. Futur film culte ? Il en convient que oui, s'il trouve le public idéal en France aprèsux commandes du remake, on retrouve un petit français plutôt très doué, Alexandre Aja. Fils d'Alexandre Arcady, il a été contacté directement par Wes Craven après que Haute tension, excellent film jusqu'au twist final pas du tout ancré dans l'ambiance instaurée par le cinéaste, ait effectué une jolie sortie US. Tant mieux: Aja adore Craven et La Colline a des yeux, mais avoue lui-même que le film est rempli de défauts et n'est pas parfait, loin de là. Une occasion pour lui et pour son équipe française de refaire une histoire à partir d'un pitch original, qui a déjà donné suite à de nombreux faux spin-off comme le sympathique Détour mortel. Dans ce sens, La Colline a des yeux frappe le spectateur par son ambiance glauque, jamais ironique et détenu, et d'une tension très soutenue.

 

Réalisateur :
Alexandre Aja

  Genre :
Horreur / Epouvante
 

Casting : Aaron  Stanford, Ted  Levine, Kathleen...

Scénario : Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer...

Trailer  : Cliquez ici

Site officiel : - - -

Date de Sortie FR : 21 Juin 2006

Fiche : - - -

Forum : Donnez votre avis

Note :       9/10

On se rapproche plus du film de Marcus Nispel que d'Hostel d'Eli Roth notamment par l'ambiance qu'ils entretiennent, mais aussi par la ressemblance entre les sujets originaux de Craven et Hooper: une famille décérébrée et en marge de la société, des attaques cruelles et sanglantes, et des héros loin de chez eux en cibles faciles. Armé de son scénariste Gregory Levasseur, et accessoirement meilleur ami du réalisateur, Aja s'attaque donc au mythe d'une famille de freaks purs et durs vivant dans les collines à la suite d'essais nucléaires dans le désert. Recluses et tuant chaque voyageur passant de chez eux, ils tombent alors sur des voyageurs un peu plus coriaces que d'habitude. En effet, la famille Carter se rend sur les côtes tranquilles de l'Amérique en visitant le désert. Le père de famille, Bob, voyage donc aux côtés de sa femme Ethel, de la jeune Brenda et du petit dernier Bobby tandis que l'aînée Lynne reste dans la caravane avec son mari Doug et leur bébé. Tout ce joli petit monde va se retrouver bloqué à quelques kilomètres de la dernière station essence et son propriétaire étrange, et ne va pas tarder à faire la rencontre avec l'étrange famille sadique et cannibale.  avoir cartonné aux Etats-Unis.

a première chose qui étonne lorsqu'on regarde le film, outre sa violence graphique, c'est la vision sans concession que porte Alexandre Aja sur cet univers que représente le désert. Fan absolu de survival, le cinéaste a donc choisi avec justesse ses décors et la façon de les filmer, pour donner une ampleur géographique aux mésaventures de cette pauvre famille tombée au mauvais endroit pour prendre des vacances. Malgré les embûches nombreuses du tournage (beaucoup de vent et de tempêtes, reptiles dangereux), on ressent parfaitement ce qu'a voulu faire Aja lorsqu'on observe le film: situé le contexte pour mieux conditionné le spectateur dans l'horreur. Ainsi, on retrouve des immenses collines impraticables sans matériels, des mines détruites, un désert sans fin qui s'étend de part et d'autres, et une ambiance digne d'un western saturé façon Peckinpah. Dans ce sens, la photographie sans faille de Maxime Alexandre (Paris je t'aime, Haute tension) rend belle et bien hommage à ces conditions de vie difficiles lorsqu'on s'installe dans le désert. Très contrastée par rapport aux personnages qui évoluent dedans, elle n'en reste pas moins extraordinaire et totalement éclatante, et on en prend pleins les yeux. C'est aussi grâce à la réalisation en elle-même, d'une beauté étonnante et maîtrisée, qui brille aussi par une esthétique sobre qui sait s'envoler quand il le faut. Le début du film propose donc énormément de plans de grues (comme le plan-séquence d'ouverture), pour ensuite peu à peu plonger dans une steady-cam d'ambiance pour finalement exploser en caméra à l'épaule lors des attaques de la famille dérangée. Jamais brouillonne ou hasardeuse, celle-ci sait se montrer à la fois réaliste mais pas totalement gratuite. Le meilleur exemple reste le montage du viol de Brenda, uniquement composé de plans lointains ou de cut sur les mains de la pauvre jeune femme s'accrochant en vain aux rideaux de la caravane. Ce détail en apparence annodin rend compte de la justesse du récit, qui ne s'envole jamais dans des effets de style, ou presque.

Il est en effet dommage de voir seulement une scène laissant un peu perplexe au niveau du montage trop "clippesque" pour devenir intéressant, mais pas non plus extrêmement dérangeant. Ce léger défaut est remarquable lorsque Ed découvre les multiples brochures rendant compte des évènements horribles se passant dans la région (allant des essais nucléaires pour passer peu à peu aux disparitions de la famille). Cependant, cet effet semble totalement assumer pour assurer l'impact des titres de chaque article d'un point de vue humain, donc de celui de Bob qui découvre comme le spectateur pourquoi les collines étaient si vides et oppressantes. Ce choix est justement identifiable car quelques minutes auparavant, Bob découvrait une oreille dans une boîte d'hamburger, une découverte qui se fait lors d'un long plan large jamais coupé par des plans cut sur l'oreille ou les réactions de Bob, contrairement aux films d'horreur d'aujourd'hui. C'est donc cette petite scène à peine identifiable qui montre bien que Aja, malgré des petits défauts, a su imposer son style si propre et excellent à un film classé hollywoodien, à tort.

Cette justesse se fait bien sûr ressentir lors du traitement des personnages et de leurs actions. Avec un rythme impeccable, le film demeure classique dans sa forme, et tant mieux: pas de flashs-backs expliquant les origines des monstres ou des scènes familiales avant le départ, aucun cliché ou personnage stéréotypé, mais juste une famille normale avec ses faiblesses qui va devoir se surpasser pour affronter les dangers de ces monstres, et en quelque sorte de la vie. Aja laisse le choix au spectateur de s'identifier à qui il veut, en présentant les personnages non pas lors de longues scènes de dialogues, mais tout simplement lors des actions essentielles du film: l'arrêt à la station d'essence, l'accident de voiture en apparence banal, la réaction de chacun face à l'attente trop longue des chiens puis de Bob et Doug, et enfin leur réaction face à la première attaque des freaks ambulants. C'est au cours du film qu'on perçoit donc les mentalités de chacun, et les défauts qu'ils doivent combler pour pouvoir enfin vivre leur vie: Doug est trop en retrait quand il s'agit de s'assumer face à "Big" Bob qui n'arrête pas de lui lancer des vannes, Brenda est le personnage type qui n'a même pas envie de rester avec sa famille pour l'été, Bob est un père idéal malheureusement trop sûr de lui et de ses armes, et Bobby devient un peu plus intéressant lorsqu'il prend réellement ses choix et ne se contente pas de critiquer les autres. Chaque scène ouvre vers un destin finalement inévitable, et on le remarque aisément à travers un symbole distinct au cours du film: durant quelques minutes, Brenda reste en soutien-gorge pour bronzer et ne fait rien de spécial, et son viol n'a ainsi plus rien de gratuit puisque c'est finalement la femme passive qui ne fait strictement rien. Une femme abusée sexuellement au cours d'une scène assez forte moralement, et qui s'incruste bien dans la noirceur du récit.

Lire la suite...
 

   


             Accueil | Films A Venir | Dossiers | Critiques | Archives | Liens | Contacts | Forum       
 
 - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -  
 
Toutes les images, affiches, informations publiées sur le site sont la propriété exclusive de leurs droits d'auteurs ainsi que des sociétés de cinéma respectives...
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Copyright © Cine-Max.net - Tous droits réservés - Webmaster & Designer MaxCruise -
Partenaires - Contacts