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                - Critiques -

                                                 La Colline a des Yeux (deuxième page)  

l'arrivée, même si les pertes humaines (et animales) sont nombreuses, on note que la maturité de chacun à prix le pas sur la peur, et que au contraire de leur situation de départ, le futur des personnages semble sans embûches. Du moins, avant ce plan final plutôt bien senti et particulièrement rageant lorsqu'on se passionne pour la quête des personnages. La crédibilité de chacun est donc due à une interprétation assez étonnante étant donné le passé de chacun des acteurs dans ce domaine: Aaron Stanford est absolument époustouflant (et bien loin de son rôle soumis de Pyro) et étonne de bout en bout (surtout lors de sa vengeance tant espérée par le spectateur), Emilie de Ravin (Lost) est juste et se voit réserver un sort répugnant, Ted Levine (Heat, Mad City, et beaucoup d'autres rôles de colonels) est une nouvelle fois impérial, Dan Byrd est finalement convaincant contrairement à son rôle dans Mortuary, et on se sent joyeux à l'idée de revoir Vinessa Shaw, une véritable belle actrice sous estimée (Eyes Wide Shut, Mélinda et Mélinda).

L'opposé de cette famille Américaine calme et reposé malgré quelques différents est bien évidemment la famille de monstres hantant véritablement les collines à la manière non pas de tueurs basiques, mais de véritables monstres engendrés par une erreur humaine. Cette notion d'erreur est d'ailleurs au centre du propos politique et social du film, car il est bien présent, et tant mieux. A l'inverse de Zombie, La Colline a des yeux ne se situe pas vraiment dans une fresque où le message est clairement exprimé au cours de nombreuses scènes, mais contient justement un message qui permet ainsi de donner de l'importance aux conséquences des essais nucléaires qui se sont déroulés dans le désert. Après un générique magnifique de par son originalité (des bombardements sur une musique classique, rappelant Docteur Folamour, entrecoupés d'images d'archives des freaks), on comprend ainsi la thèse de Levasseur et Aja, mais aussi celle de

 

Réalisateur :
Alexandre Aja

  Genre :
Horreur / Epouvante
 

Casting : Aaron  Stanford, Ted  Levine, Kathleen...

Scénario : Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer...

Trailer  : Cliquez ici

Site officiel : - - -

Date de Sortie FR : 21 Juin 2006

Fiche : - - -

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Note :       9/10

Craven soutenue en 1977. Les monstres ne sont pas simplement des cannibales, ils ont été transformés à cause des hommes en ce qu'ils sont devenus. Sans justifier leurs actes barbares et terrifiants, le cinéaste arrive tout de même à mettre en avant les répercussions qu'apportent une guerre, qui engendre ainsi d'autres guerres tout aussi sanglantes, rappelant donc les multiples conflits des USA avec les pays extérieurs, mais pas seulement. Ce message de haine quasiment concerne aussi bien les autorités qui ont laissé seule la population sans comprendre leur problème, mais aussi l'entourage des familles qui n'ont pas jugés nécessaire de partir, juste pour se protéger. Ils sont donc des martyrs nucléaires, mais aussi victime de leur propre cause étant donné qu'ils ne voulaient pas partir de leurs chères collines, conscients de ce qui leur est arrivé.

Les répercussions de cet enjeu plutôt bien intégré dans l'histoire, sont symbolisées par la violence bien entendu, mais il y a plus aussi. Il y a véritablement une violence morale qui se déroule tout au long de ce voyage en enfer, et qui se fait fortement ressentir lorsqu'on se met à assembler les bouts. La première explication et la plus intelligemment mené se fait à travers la présentation de ce personnage étrange, s'occupant de la station service (joué par Tom Bower), et apparemment le symbole du père surmené au cœur de ces dégénérés. Petit à petit, cette scène suivant le générique qui présente donc d'abord un bad-guy dans l'histoire, nous fait comprendre certains éléments de la vie qu'il mène: il doit faire disparaître les traces des voyageurs tués par ses "fils", tout en les protégeant des étrangers venus leur faire du mal, du moins c'est ce que certains pensent naïvement. Finalement, il reste contraint au fil des années de suivre les plans de sa progéniture pour survivre lui-même. On le sent bien d'ailleurs lorsqu'il revient finalement voir les Carter pour leur indiquer un chemin plus court soi-disant, mais qui mène finalement à l'entrée du calvaire qu'ils vont surmonter. Cette scène prend d'ailleurs de l'importance par la suite, lorsque le bougre met fin à ses jours, en ayant assez de participer à toutes ses horreurs. Là-aussi, Aja utilise un procédé simple que l'on retrouve par la suite: ce sont les ennemis qui expliquent aux héros comment tout cela a pu se passer, et non le contraire. Les héros ne deviennent rien et ne cherchent pas à comprendre ce qui les pousse à tuer, et dans ce sens, ils n'écoutent même pas ce qu'ils racontent lors qu'ils se décrivent "victimes" de l'être humain. Pour les Carter (Bob et Doug assistent à une scène similaire), cette notion importe peu: ils sont coupables de leurs actes, et doivent le payer. Le spectateur est tout aussi pris par cette violence soudaine et très justifiable de la part de Doug, et souhaite finalement la mort de ces êtres si difformes car même s'ils ont été un jour victimes, ils sont maintenant des bourreaux, et refusent de l'admettre.

La Colline a des yeux ne déçoit en rien non plus dans son côté sanglant totalement assumé, et pas trop exagéré non plus. Ces actes sont d'abord expliqués grâce à un bestiaire particulièrement réussi: un handicapé avec une tête énorme, des enfants difformes de toute part (peau qui tombe, dents écartelées, peau en cendre), mais aussi le retour des éternels Pluto, Google et Jupiter, qui vont du débile familial façon Les Goonies au monstre assoiffé de sang pris dans des atèles de toute part (monstre joué par le maquilleur Greg Nicotero). Ils atteignent en quelque sorte un statut d'immortalité, et ce symbole de la puissance face à la difformité peut être expliqué par les radiations qu'ils ont subies. Ils sont donc forts, mais on a l'impression de ne jamais pouvoir les tuer. Ce sentiment de puissance se ressent beaucoup lors d'une scène d'introduction très loin de ce que l'on pouvait attendre. En effet, le monstre torture les scientifiques sans se cacher, mais juste en leur plantant son arme dans le corps avec une violence immense. Pire encore: tout ceci reste particulièrement crédible. Leurs sévices graphiques sont particulièrement réussies, et prennent vraiment au tripes lorsqu'on s'accroche au film et que l'on est plongé dans cette ambiance à la limite du supportable : coups de chaînes, décapitation à la hache, morceaux de fer ou de drapeaux plantés dans les corps, chiens éventrés, explosions crâniennes, viol, enlèvements de bébé, enfermement dans un frigo ensanglanté, ou bien sûr découpage de membres.

Le film prend d'ailleurs un tournant réussi lorsque les héros restant se rebellent contre les monstres, et utilisent ainsi des pièges contre eux: Doug prend son courage et une hache à deux mains et massacrent un à un ses opposants, tandis que Bobby et Brenda établissent des plans pour exploser la caravane ou bien repérer au loin si quelqu'un arrive. Un retournement de situation efficace, et qui va encore plus loin dans la violence contrairement au début du film du jouait plus sur la malsainité des ennemis (cachés au milieu des collines avec une respiration envahissante sur la bande son).

Finalement, le seul détail que je pourrais reprocher au film (outre quelques inserts à FX hasardeux lorsque Bob brûle vif sous l'œil de sa famille) concerne la musique du film. Composée par Tomandandy (déjà responsable des B.O. excellentes de Mean Creek et Les Lois de l'attraction), l'univers des musiques originales se perd totalement au détriment des actions se passant à l'écran. A de nombreuses reprises, mais sans exagérer le trait, la musique légèrement larmoyante de fin laisse perplexe, alors que le film a tout sauf un véritable happy-end (en plus, l'image qui suit est un contre-sens total). Pourtant, le cinéaste et le compositeur ont tenté de rassurer le spectateur à grand coup de "Tadaaaaam" pour ensuite l'effrayer une dernière fois. Cette technique est peu présente pendant la première heure, mais se fait vivement ressentir lors des 10 minutes de fin, où le procédé se répète. C'est le seul reproche que je pourrais faire, et c'est peu par rapport à l'immense qualité du film.

Si vous êtes donc avides de sensations fortes, cinéphiles, fans d'horreurs ou simplement curieux de voir le résultat du film d'Aja (et nombreux inconnus au genre veulent le connaître justement),La Colline a des yeux cuvé 2006 devrait non seulement vous plaire, mais aussi vous en mettre pleins les yeux du début jusqu'à la fin. Techniquement, c'est presque parfait, et le reste l'est tout aussi. On attendait beaucoup de ce film, et on ressort avec beaucoup plus de ce qu'on espérait. Peut on parler de surprise ? Oui, en quelque sorte, car le film est un total contre-pied avec le cinéma actuel qui tente de se réinventer par moments. En ce sens, le film du vraiment très doué Alexandre Aja va faire date.

Note : 9/10       Retour... 

Le 23 juillet 2006,
rédacteur Tib.
 

   


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