La lutte pour le cinéma de genre continue. Aujourd'hui le nouveau venu et hyper attendu Frontière(s) ! Deux longues années à baver sur des teasers et images des plus bandantes. Plein de promesses, plein d'espoirs, que l'on espérait voir se concrétiser à l'écran. Et ben ayé, on l'a vu, et autant le dire tout de suite, avant la mauvaise expérience Hitman, Xavier Gens a signé ce film, à son image: sincère, ultra-référenciel, et surtout incroyablement généreux. Frontière(s) est LE film de genre qui nous vengera de toutes nos crottes télévisuelles, et de tous les Saw et Hostel qui pullulent sur nos écrans...
Frontière(s) se situait d'abord comme un film contestataire dans la lignée des oeuvres de George Romero dans le temps. Ainsi, le film décrit le parcours d'un groupe de jeunes de banlieue, alors que le contexte social est calamiteux (l'extrême droite et la droite s'opposent au second tour, engendrant ainsi des émeutes) qui, après un braquage raté, se réfugie dans un gîte situé à la frontière. Malheureusement pour eux, ce gîte se révelera géré par des cannibales néo-nazis fous furieux. Si cette critique sociale semblait donner une originalité et une force supplémentaire au film, impossible de ne pas constater qu'elle reste finalement en retrait, sans apporter réellement un plus au film. Car l'essentiel est ailleurs: Frontière(s) est un pur film référenciel, qui recrache ses références avec une passion réellement touchante. Grâce à une ambiance sonore et une musique époustouflante, le film est d'abord une expérience viscérale rare, où la mise en scène sublime trouve toute sa raison d'être, et où Gens n'hésite pas à pousser le glauque dans ses plus profonds retranchements. Vraiment graphique et picturale, Frontière(s) témoigne d'une maîtrise de mise en scène impressionnnante, dans sa gestion de l'espace, sa capacité à créer une ambiance, son esthétisme, Gens s'impose comme un formaliste surdoué, et un cinéaste dont la sincérité n'a d'égale que la générosité ! Frontière(s) est un film profondément puissant, qui fait