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                   - Critique cinéma -

                                                                                                                                                                                Fiche Technique

 HARD CANDY



 Note : 9/10
 

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Réalisateur :
David Slade

Genre :
Thriller

Casting : Patrick Wilson, Ellen Page, Sandra Oh...

Fiche :  - -

Forum :
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Date de Sortie FR :
27 Septembre 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Message à tout ceux qui n'ont pas vu le film et qui sont quasiment vierges de toutes informations: ne lisez ni la critique qui va suivre, ni les résumés disponibles partout sur le net et les hebdos ciné, qui révèlent une partie de l'intrigue certes mineure, mais carrément surprenante lorsqu'on ne la connaît pas. Car, et ce n'est pas la première fois, les synopsis en dévoilent beaucoup trop, alors que les images parlent d'elle-même: une affiche absolument sublime représentant un petit chaperon rouge au centre d'un immense piège à loup ou encore une bande-annonce minimaliste et intrigante qui laissait déjà la place à toutes sortes de revirement distillés au cours de cette heure quarante-cinq de pur bonheur. Oui, Hard Candy est un petit bijou indépendant US qui a raflé pas mal de récompenses dans les multiples festival où il a été présenté (dernier en date, Deauville), quasiment inclassable dans un quelconque genre cinématographique (film d'horreur ? thriller ? drame ?), et qui se révèle à la fois jouissif, devant un spectacle aussi maîtrisé, et tétanisant, devant cette surenchère jamais reniée de noirceur. Sûrement l'unes des claques les plus percutantes de cette fin d'année 2006.

Pourtant, le pari était assez difficile vu le sujet de départ. Ou plutôt la conversation. Une conversation un peu sexy, un peu aguicheuse, entre une fille et un homme. D'un côté, Hayley, jeune adolescente très mature de 14 ans, passionnée par la littérature et la médecine, et particulièrement aguicheuse. De l'autre, Jeff, un trentenaire photographe séduisant et attentionné. La jeune Hayley propose de venir chez lui et ils commencent à se séduire mutuellement. Et là, Jeff s'évanouit. En se réveillant, il découvre non seulement qu'il est ligoté, mais aussi que l'innocente Hayley cachait bien son jeu...

Très vite, la scène d'exposition met en place les enjeux du film: Hayley et Jeff parlent franchement entre eux, même si elle semble un peu plus timide, avant qu'elle se décide à jouer un jeu plus sexy face au ténébreux photographe. La situation devient gênante pour le spectateur, puisqu'il se ne sait pas dans quel piège à loup il va tomber, comme le suggérait l'affiche. Tout ça vient très vite, et on se retrouve sacrément secoué: Hayley torture Jeff à sa guise, malgré ses quelques tentatives d'escapades ratées. Des tentatives ultra réalistes, loin du post-Scream auquel beaucoup de monde attendait. Le premier élément est cette lutte surprenante où Jeff pousse du pied Hayley contre une table, avant que celle-ci ne le pousse contre un mur et enferme sa tête dans un sac plastique. Mais ce n'est pas fini puisqu'à de multiples reprises, Jeff la cogne contre le mur, et elle ne peut plus respirer à son tour. Un réalisme saisissant qui se finit sur Hayley en train de cracher ses poumons et de crier sa douleur. De la même façon, les personnages se retrouvent confrontés à des problèmes mineurs, jamais transformés en pire chose à affronter. L'exemple parfait est la venue de la jardinière (jouée par Sandra Oh, meilleure dans Sideways que dans la pathétique série Grey's Anatomy) à la fin du film, qui est dérangé par des bruits dans la maison lorsqu'elle parle à Hayley, mais qui ne reviendra jamais par la suite. Il en va de même avec le premier amour de Jeff, qui n'apparaît que dans une seule scène et n'arrive même pas à le sauver. Car tout ces personnages sont en dehors de cette bulle intimiste et horrible qu'ont crée l'ambiance et la noirceur du récit, sans oublier le caractère de Hayley et Jeff.

Il est ensuite intéressant d'étudier le schéma parfaitement vicieux dans lequel évoluent les personnages, qui sont tout les deux à la fois reconnaissables dans leurs actes mais souvent loin de ce que l'on pouvait espérer. En effet, durant les 10 premières minutes, c'est bien évidemment Jeff qui met le spectateur mal à l'aise. Malgré le charme d'Hayley et ses multiples références sexuelles, on se sent vite enfermé dans une ambiance malsaine, avec un trentenaire qui invite chez lui une adolescente de 14 ans. Après la première chute du film, où Jeff se réveille enchaîné parce qu'Hayley croit fermement qu'il a déjà ramené des jeunes filles chez lui et qu'il en a tué une précise (on ne saura d'ailleurs jamais si c'était sa sœur, sa meilleure amie ou une fille inconnue dont elle voulait venger la mémoire), c'est cette jeune fille charmante qui se retourne contre le spectateur et impose un charisme et un sadisme étrange, sans jamais changer son plan de retrouver des preuves que Jeff est un pédophile. On se met alors à la place de Jeff, petit à petit: il semble honnête, toujours amoureux d'une femme qu'il a photographié. Et là, une nouvelle rupture et un choc terrible: Jeff a effectivement abusé des jeunes modèles qui posait nus pour lui. Les mains tremblantes, le spectateur se demande alors s'il faut s'identifier à quelqu'un. Car après tout, on a d'un côté le bourreau, mais de l'autre un pédophile qui nous a menti pendant toute une première partie s'enchaînant avec une rapidité exemplaire. Mais le réalisateur ne prendra pas le plaisir de nous répondre puisque après une longue partie où nous sommes de nouveau du côté de Jeff, malgré ses méfaits qu'il semble vraiment regretter, il va de nouveau nous horrifier avant la chute finale absolument terrifiante. En effet, il avoue dans un élan de peur et de regret, qu'il a participé à l'enlèvement de cette petite fille et qu'il l'a vu mourir, mais que c'était un autre homme qui l'avait tué. Hayley avoue alors que l'autre aussi s'est suicidé et Jeff fait un choix...Il enfile la corde autour de son coup, se rendent au bord du toit et saute...

Les partis pris de mise en scène augmentent la tension qui règne durant ce film et qui ne s'arrête jamais. Le film se distingue donc par plusieurs partis différentes, et étant donné que David Slade est avant tout un réalisateur de pub, il condense ses mouvements de caméras parfois rapides (la poursuite finale qui n'en sera finalement pas une) en les mélangeant à des petits moments de plaisir (la seule scène dans une voiture est une sorte de parodie d'un clip pour Toyota, avec des sourires gênés tout ce qu'il y a de plus cliché) jusqu'à des scènes d'épouvante pure et dure. En s'éloignant de tout les stéréotypes que l'on peut avoir sur le film, il prend le parti pris de dynamiser le récit ou justement de le ralentir. Le meilleur exemple, et le plus impressionnant de cruauté visuelle, est la (fausse) séquence de castration de Jeff. Ou comment, sans jamais montrer une goutte de sang et à l'aide de bruitage, on croit comme Jeff que Hayley le castre et y prend du plaisir, avant de se rendre compte qu'elle a juste "truquer" l'opération (en passant une cassette à la place de l'image de la caméra par exemple). Cette scène montre tout le talent des deux acteurs principaux en plus de la maîtrise du cinéaste. Car en effet, Patrick Wilson et Ellen Page portent le film à eux tout seul pendant plus d'une heure et demie, et explosent littéralement leur jeu d'acteur prédécesseur pour nous livrer une interprétation viscérale. Il faut dire que voir l'actrice très mignonne de Kitty dans X-Men 3 (un rôle très bien développé comme on peut s'en douter) face à un acteur malheureusement très sous-estimé au cinéma (alors qu'il prépare Little Children et The Good Sheperd, on a l'a vu dans Le Fantôme de l'Opéra et Alamo...), c'est n'est pas donné tout les jours.

En faites, le seul truc dommage dans Hard Candy, c'est qu'il a tout repompé sur le magnifique Rencontre Mortelle, un court métrage méconnu de Tib et Gabnec. Ca aurait pu donner un court métrage original si les rencontres sur Internet n'étaient pas aussi pillés à ce chef d'œuvre du cinéma, qui sortira sûrement fin Octobre en France.


Note : 9/10

 
Le 22 octobre 2006, rédacteur Tib.

 

 


        
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