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19 ans ! 19 ans que les fans attendaient un retour du professeur Jones avec un enthousiasme débridé. Après un passage à Cannes qui a plus refroidi les ardeurs qu'autre chose et des premiers échos assez décevant, on était légitimement en droit de redouter une déception qui ferait bien mal au cul, mais qui ne serait, hélas, pas surprenante, étant donné la capacité de Georges Lucas de détruire les mythes qu'il a créé (ceux qui ont l'affreuse prélogie Star Wars au travers de la gorge comprendrons). Sauf qu'ici on est pas à un Spielberg près...
Que les choses soient claires d'entrée de jeu : nous l'avons échappé bel. Entre de mauvaises mains, ce nouvel Indiana Jones aurait largement pu devenir un gros portnawak fourre tout indigeste, d'autant que ses premières minutes assez catastrophiques laisse présager un nouveau naufrage qui ferait bien mal au cul... Oui, les personnages sont juste là pour assurer un rôle codifié (Shia Laboeuf sert de lien entre le spectateur et Jones pour qu'il nous explique bien gentillement ce dont on a rien à foutre, Cate Blanchett assure l'archétype du méchant typique de la saga qui n'a d'autre but que de faire la méchante, quand un autre personnage ne sert qu'à amener les méchants aux gentils... etc...) afin de faire avancer une intrigue lamentable et ridicule (préparez-vous, ça craint particulièrement au début et à la fin) qui n'est qu'un gentil prétexte pour permettre à tout ce beau monde d'enquiller les scènes d'action et les gags... avec une énergie, elle, non factice. On serait tenté, voir obligé, de dire que Spielberg est largement responsable de la réussite de ce nouveau volet. Pourquoi ? Parce que ce grand monsieur aux innombrables chefs-d'oeuvre, à la passion toujours intacte, et à l'âme d'enfant inébranlable, a su insuffler au film une énergie et une sincérité qui nous fait très largement pardonner des défauts qui, dans les mains d'un autre (Lucas... ?) serait apparu comme l'assassin d'Indiana Jones, mais qu'on oublie ici très rapidement.
Ainsi, l'alchimie entre le personnage de Shia Laboeuf (vraiment excellent !) et notre bon vieux Indy fait des étincelles, les innombrables répliques et situations fendardes s'enchainent à merveille (fous rires garanties), et les scènes d'action sont toutes incroyables (entre un combat à l'épée anthologique et les nombreuses course poursuite endiablées, Spielberg renvoit tous les Michael Bay et Gore Verbinski au placard...).
Au final, Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal se révèle vite comme étant le blockbuster (terme qui lui sied d'ailleur fort mal) le plus enthousiasmant, joussif, fun, et revitalisant de ces dernières années et ce, malgré ses défauts parfois presque impardonnables, mais, contrairement à tous les purges qu'on a du se tapper ses dernières années, il a le mérite d'être sincère, honnête, et d'en offrir toujours plus, pour le plus simple et le plus noble des plaisirs. Spielberg avait prévenu : « j'ai fait beaucoup de films pour moi-même, celui-ci, je le fais pour vous. ». Une seule réponse possible, qui vient, comme le film, du coeur : merci Steven !
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