Honnêtement, qui aurait pu prédire le tournant qu'allait subir la carrière de Stallone à l'aube de ce XXIème siècle ? Star mythique des années 80, devenu has-been avec une aisance déconcertante, Stallone est vite devenu sa propre caricature, au point de s'embourber dans des bouses indignes de son véritable talent. Mais pouvions nous savoir, nous qui ricanions devant ce phénomène de foire, que derrière cette image de gros bourrin crétin se cachait l'un des cinéastes majeurs de ces dernières années ? Du fond de la cave où l'on se scarifie depuis la vision du magnifique Rocky Balboa, on n'a qu'une chose à dire : pardon Sly !
Si Rocky Balboa nous avait déjà prouvé à quel point Stallone pouvait faire preuve d'une humilité et d'un humanisme qu'on ne lui avait jamais soupçonné, John Rambo vient sans conteste nous le confirmer, à grand coup de sulfateuse en pleine tronche ! Si, comme le dernier Rocky, ce nouvel opus conte la renaissance d'un mythe, le chemin à parcourir est, quant à lui, bien différent ! Là où Rocky Balboa était une œuvre retenue et positive, Rambo est un film d'un lyrisme et d'une noirceur déchirante, ce qui ne l'empêche pas pour autant de délivrer une même foi en l'être humain. Le personnage de Rambo, désabusé par un monde meurtrier qui le répugne, décide (difficilement) d'entrer en aide à une jeune femme et son groupe, venus en Birmanie pour y aider la population locale. Si John, complètement détruit par le Viêt-Nam et le monde qui l'entoure, accepte, c'est bien parce qu'il retrouve en cette fille une humanité et une profonde volonté de faire le bien qui le touche. Si bien que, quand le groupe se fait enlever, sa sauvagerie accumulée explose.
Au-delà de ce postulat déjà magnifique, là où John Rambo s'impose comme une œuvre humaniste, c'est dans sa volonté de mettre en avant l'humain, l'homme, dans ses contradictions et dans ses souffrances, ce qu'il a de plus barbare, mais