que Jackson joue avec nous, et essaye de nous faire rentrer dans la peau des personnages pour mieux nous "choquer", pour nous mettre dans la peau de Jack ou de Ann et ainsi nous faire peur tout le reste du film pratiquement. Et justement ce côté joueur qu'à Jackson durant tout le long du film, a été prévu par son auteur depuis les premières photos publiées. Souvenez vous de la première bande annonce, où l'on voyait un plan sur la plage, puis un King Kong très "nunuche", ici, il n'en est rien. Kong est devenu plus agressif, renvoyant sans cesse son statut "mi homme mi singe", mais on remarque des différences qui nous font rires : le plan sur la plage dans la bande-annonce, est absent du métrage, prouvant encore une fois que l'aventure King Kong se finit au dernier moment, et pas à la première bande-annonce diffusée. Un génie sûr donc, que l'on retrouve dans l'intrigue se déroulant sur le Venture, mais qui devient très vite longue et répétitive, du moins c'est ce que l'on pense quand on visionne pour la première fois le film. Mais finalement, quand on sort de la salle, on oublie tout ce que l'on a moyennement aimé, tant le film bouleverse. Je reviendrais sur ce point plus tard.
Je parlerais tout de suite du deuxième défaut, et il est simple : ce sont les ralentis abusifs et parfois ridicules que l'on retrouve partout dans la première partie. Mise à part l'attaque des indigènes qui est un moment d'angoisse suprême, et muni de ralentis efficaces, les autres sont des moments très limites, qui ne servent à rien. Le pire reste celui sur le bateau, où l'on ne comprend pas les intentions de Jackson. Qu'à voulu t'il faire sur le bateau, dès qu'on mentionne le nom de Skull Island ? Peut être ce nom est il maudit, tout comme les crânes filmés en gros plan et avec la même technique de ralentis très exagérés, mais en tout cas, ce sera un point négatif au film.
Voilà les deux seules choses que je n'ai pas aimé dans ce King Kong. 2 éléments que j'ai vite effacé de ma mémoire dès l'arrivée de Kong, dès la capture d'Ann Darrow par les indigènes. C'est simple, à partir de là, c'est au moins 2 heures 30 de bonheur, de joie, de tristesse et de séquences jouissives. Car King Kong comporte déjà bon nombres d'éléments cultes, que Jackson intensifie par l'absence de musique ou la mise en valeur des bruitages extérieurs. La première séquence bluffante et tout bonnement extraordinaire, c'est la fuite des dinosaures, totalement réinventés par Jackson, qui nous offre un moment de bravoure et d'action non-stop: les dinos tombent, se rentrent dedans, et font valdinguer les raptors et nos aventuriers dans tout les sens, voilà ce qui conclue toute une séquence magnifiquement bien filmée, et qui montre que Jackson n'a rien perdu de sa patte épique, tout en innovant. Car Jackson, comme Raimi qui avait glissé une attaque somptueuse rappelant ses premiers films dans Spider-Man 2, utilise son talent pour la tension et l'horreur pour nous scotcher littéralement à notre siège durant des scènes vraiment éprouvantes. La pire d'entre elles ? L'attaque des bestioles de toute sortes juste après une grosse chute, où l'on voit nos personnages principaux combattre entre autres des limaces géantes (qui ne manqueront pas de manger devant la caméra un des marins), des lombrics immondes (que Ann Darrow verra aussi dans une scène du même genre dans un tronc d'arbre) ou encore des araignées beaucoup plus grandes que la moyenne. Bref une faune d'insectes répugnants, qui montre toute la terreur de la jungle face à l'humain, mais qui prouve aussi que Jackson malmène son spectateur pour mieux le divertir, pour mieux le faire rentrer dans les personnages, comme il l'a fait dans la scène d'introduction. Comme on tient à Jack, on ressent ce qu'il éprouve, et on a l'impression de retrouver Ann comme lui.
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