forteresse de solitude de Superman. Des cristaux qui lui permettront de créer un nouveau continent et d'engloutir petit à petit les Etats-Unis et le reste du monde. Un plan machiavélique toujours aussi démentiel de la part de Lex. Mais le pire pour Clark, c'est de voir que Loïs s'est finalement mariée au neveu de Perry White (patron du Daily Planet) et qu'elle a eu un enfant avec lui. Pourquoi protéger un monde aussi détruit ? Que ce soit le mythe Superman, le timide Clark Kent ou l'extra-terrestre Kal-El, il lui faudra trouver une réponse rapidement pour éviter une catastrophe dans sa vie si compliquée, et dans le monde tout entier.
Après une courte scène d'introduction présentant la destruction de Krypton accompagnant une énorme explosion, Singer nous fait entrer dans le récit en présentant d'abord les intentions de Lex Luthor au chevet de l'unes de ses tantes qui lui lègue tout ses biens avant de mourir sur son lit. Une scène très ironique puisque les propos de cette vieille dame ont été transformés afin de faire croire au spectateur à un dialogue entre Martha et Clark. Une scène étonnante qui place directement le spectateur dans le récit, grâce aussi à un petit texte d'introduction bien senti. C'est par la suite que l'on découvre ce qu'est devenu Martha et que le film présente concrètement le retour de Clark, s'accompagnant d'une pluie de météorites renvoyant directement à son arriver sur Terre. Une scène très forte puisqu'elle montre à quel point chaque élément du décor peut être utilisé pour troubler le spectateur et faire rugir le son comme personne. Ce petit tremblement précédent l'accident reste un moment de tension comme peu de cinéastes peuvent le faire après à peine dix minutes de film. Et par la suite, tout le récit de Superman Returns ne fait qu'embellir les intentions principales de Singer à l'apogée de son talent. Dans une première partie, il retrace très simplement le retour "à la vie" de la double personnalité de Kal-El en montrant comment ces deux êtres peuvent revenir sur le devant de la scène. Clark doit donc de nouveau s'habituer au rythme effréné du Daily Planet, et à l'idée que Loïs l'a oublié pour un autre tandis qu'il reste aux côtés de Jimmy Olsen qui lui retrace un peu ce qui s'est passé depuis son départ. Et c'est grâce à un accident d'avion qu'il pourra enfin faire exploser ses pouvoirs une nouvelle fois, et montrer que le monde aura toujours besoin d'un sauveur, quoi qu'on en dise. Face à cette double intrigue très intéressante s'établit la vengeance de Lex, de plus en plus proche, puisqu'il arrive à trouver la forteresse de solitude et est à l'origine de cet énorme black-out qui éteint toute la ville de Metropolis et ses environs. Cependant, le film ne cherche pas à montrer comment un bad-guy arrive à trouver la faiblesse d'un super-héros de cette envergure, mais place Lex comme un personnage secondaire qui est en faites le principal protagoniste d'une sous intrigue. Et cette notion de sous intrigue se retrouve de nombreuses fois dans le métrage: la reconquête de Loïs, le retour de Superman et ses nouvelles actions, l'enquête autour du black-out et le plan machiavélique de Lex.
S'il y a une chose exemplaire à relever en premier à la vision de Superman, ce sont les choix de Singer quant aux multiples scènes d'action de mises dans ce genre de film et dans l'univers de Superman en lui-même. Superman Returns ne contient que quelques vrais moments de bravoure jouissifs et majestueux, mais n'abusent en rien de grosses scènes d'actions explosives prenant beaucoup de places dans le métrage, et fait surtout le choix entre les petites scènes mouvementées intermédiaire et les séquences catastrophes choisies judicieusement. La première d'entre elles est sans surprises la plus impressionnante du film, et grâce à la perfection des effets spéciaux sur toute la durée du métrage pratiquement (mise à part quelques inserts un peu hasardeux), elle y gagne en réalisme. Un réalisme utilisée lors de cette séquence suivant le black-out, où l'avion qui doit laisser place à l'envol d'une navette spatial se retrouve finalement accroché à cette dernière, avec bien entendu Loïs à bord. Une scène qui non seulement se montre passionnante de bout en bout, avec de multiples utilisations de l'avion en tant qu'objet (par exemple, les ailes se cassent et fonce sur Superman qui les traverse), mais aussi la façon dont elle intervient dans l'histoire, puisqu'elle marque les retrouvailles crispées entre Superman et Loïs mais aussi la première intervention du super-héros depuis bien longtemps, ce qui ouvre sur certains pouvoirs mal utilisés au cours de la scène car cela fait longtemps qu'il ne s'en ait pas servis. Tout le contraire du deuxième gros morceau de bravoure majestueux du film, à savoir lorsque Superman décide en quelque sorte de se sacrifier en plongeant tête la première sous l'eau pour finalement soulever cet énorme île avec des morceaux de kryptonites qui lui avaient fait perdre la face quelques minutes plus tôt, avant de l'envoyer en orbite, ce qui peut s'apparenter à une nouvelle planète Krypton envoyer dans l'espace, une nouvelle forteresse de solitude. Un énorme effort de courage et de force qui se conclue par la chute du héros particulièrement symbolique.
Entre temps, quelques séquences d'action dynamisent le film et le rend ainsi plus limpides, rappelant fortement le Superman de Donner lorsque ce dernier commençait à protéger la ville. Ici, c'est surtout un énorme braquage que l'on retient, où Superman affronte un homme et son minigun avant de recevoir une balle dans l'œil, qui finira écraser sous sa force et qui tombera par terre au ralenti. Une jolie séquence très nerveuse, tout comme les multiples sauvetages de Superman, surtout après le premier choc du nouveau black-out provoqué où l'énorme boule du Daily Planet sera retenu in extremis avant de s'écraser sur le sol et où Superman utilise son souffle glacial pour retenir le feu. C'est la première fois que ses pouvoirs sont réellement utilisés dans un film, et cela fait plaisir à voir étant donné que les séquences sont magnifiquement bien dosées et apportent réellement quelque chose au film.
Tout comme dans les deux X-Men qu'il a précédemment réalisé, Singer fait preuve de beaucoup d'audaces en apportant au film un humour très bien dosé, toujours agréable à voir lorsqu'on est pris par le film et que l'on veut se détendre pour mieux apprécier le chaos final. On se souvient tous du sbire gaffeur de Luthor et des quiproquos imbattables entre Clark et Loïs dans les films de Donner, et bien le réalisateur a pris le parti pris de dosé au maximum l'humour et l'action pour complétés au mieux les 2h30 de grand spectacle offert. Ainsi, ce n'est plus un seul homme de main de Lex qui provoque les rires frénétiques du spectateur mais surtout le groupe en lui-même, composé du scientifique Stanford et son air ahuri durant les scènes les plus étonnantes du film, de la très classe et séduisante Kitty (qui étonne à la fin du film car au lieu de sauver Superman comme l'indique ses réactions au fur et à mesure du film, enterre les désirs de Luthor en envoyant à la mer les cristaux) ou encore de Riley qui ne lâche jamais sa caméra. Des personnages aux dialogues et mimiques très intéressantes et détendues, et qui rajoutent encore plus de folie au personnage que l'on attendait tous, à savoir Lex Luthor. Plus délirant que jamais, il signe dès sa première apparition un climat à la fois drôle et oppressant, où la folie et le génie se croisent: il lance une perruque à une petite fille après avoir vue cette vieille tante mourir, et s'en va tranquillement de la demeure tandis que toute la famille s'étonne. Le seul lien qui nous indique que l'époque a changé est contenu dans les deux petits chiens présents, dont l'un se retrouvera manger par l'autre lorsque Lex et son équipe retourne dans cette maison. Et comme toujours, les multiples gaffes et effets comiques sont dû au secret de Clark Kent, et à son attitude totalement gauche au journal, face à un Perry White plus en forme que jamais et un Jimmy Olsen collant mais amusant.
Lire la suite...